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METZ – Association A propos

23 mai à 20 h 30 min - 22 h 00 min

 A PROPOS, en association avec Analyse Freudienne dans le cadre du séminaire dont le thème est:

« AU-DELÀ DE LA HAINE …DES VIOLENCES INÉDITES ? »

présente l’intervention d’ Eric Graff

« Violences sans violence »

ARGUMENT :

Violences sans violence

Dans la thématique d’un séminaire consacré aux violences « inédites » d’où la haine pourrait être absente, je voudrais montrer la possibilité et la réalité d’une violence sociale qui s’exercerait non seulement sans haine, mais sans violence ni physique, ni verbale, voire avec une telle douceur qu’on pourrait se demander s’il s’agit vraiment de violence. La volonté d’aborder le sujet correspond chez moi à une triple nécessité. Nécessité pratique liée à mes expériences concrètes, professionnelles et sociales, qui font de moi — au même titre que n’importe qui — le témoin de ces violences douces et, en tant que telles, difficiles à identifier. Nécessité théorique au terme de lectures et de méditations dans le fil des exposés et discussions qui se déroulent ici. Nécessité historique enfin, au sens où ces violences sans violence sont toujours héritières de violences réelles passées — reflets d’un « mal qui vient de plus loin »[1] — violences oubliées, ou plus exactement refoulées, c’est-à-dire toujours susceptibles de faire retour sous des formes inédites, le plus souvent pires et incontrôlables[2]. D’autre part, même lorsqu’elles arborent un caractère de nouveauté historique au moins en apparence, autrement dit, pour reprendre le thème de notre séminaire, lorsque ces violences se présentent comme « inédites », elles sont souvent le prélude de violences beaucoup plus typiques, de ces violences brutales et sanglantes dont on ne pourra dire qu’on ne les a pas vues venir qu’au prix d’un certain aveuglement.

Mon intervention voudrait s’inscrire dans cet effort à la fois commémoratif des violences oubliées qui continuent de polluer le sol où nous posons les pieds et des violences prévisibles, ou déjà présentes, mais rejetées de l’actualité au service d’une société « qui n’en veut rien savoir ». Nous connaissons les prodiges dont est capable notre passion de l’ignorance au service du camouflage des violences non seulement inédites, mais inaudibles et interdites de séjour dans notre entendement.

On dit souvent de la société qu’elle est « normalisatrice », qu’elle tend à uniformiser les gens, les faire entrer dans un moule. Je voudrais montrer que la violence « normalisatrice » n’est pas la pire : elle est visible et il est possible d’y opposer une résistance. Les violences que je voudrais aborder ici sont le contraire : ce sont, dans une société qui se présente comme ouverte et qui exalte la diversité, les opérations de dé-normalisation, celles qui consistent à compromettre la normalité de certains individus ou de certains groupes. Parmi les exemples, il y a le handicap. Dans une société qui se glorifie d’être « inclusive » les personnes handicapées vérifient quotidiennement à quel point leur normalité est loin d’être acquise et doit être constamment remise à l’ouvrage. Autre exemple : comment certains citoyens, dans des pays sans frontières, peuvent se voir constamment rappelés à leur extranéité. Autre exemple encore : comment des travailleurs qui se pensaient en relation normale à un lieu de travail découvrent qu’ils peuvent sans motif s’en trouver susceptibles d’être délogés du jour au lendemain. Enfin, ultime violence, comment on peut se réveiller un matin étranger à soi-même.

Ces violences « inédites » car ne trouvant pas éditeur pour les publier, sont discrètes et d’autant plus efficaces qu’elles opèrent à l’ombre. D’où l’intérêt de jeter sur ces violences quelques rayons de lumière…

[1] Œnone : […] Rivage malheureux,

Fallait-il approcher de tes bords dangereux !

Phèdre :

Mon mal vient de plus loin. A peine au fils d’Égée

Sous ses lois de l’hymen je m’étais engagée,

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;

Racine, Phèdre, acte I, sc. 3, cité par Alain Badiou à propos des attentats du 13 novembre 2015

[2] « Der Schoß ist fruchtbar noch, aus dem das kroch », le ventre d’où cela rampa est toujours fécond, (Brecht, épilogue de La résistible ascension…).

https://www.aproposmetz.com/

ANALYSE FREUDIENNE

Demi-journée d’étude le samedi 25 mai : « AU-DELÀ DE LA HAINE …DES VIOLENCES INÉDITES ? »

 

Garanti sans virus. www.avast.com

Détails

Date :
23 mai
Heure :
20 h 30 min - 22 h 00 min

Lieu

Metz Librairie « Autour du monde »
rue de la chèvre
METZ, 57000
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