Séminaire Traumatismes – fantasmes – mythes

A PARTIR du 10 JANVIER 2020 : Traumatismes – fantasmes – mythes

Préparation du congrès : Trauma et mythes

Séminaire de J.R. Freymann

Coordonné par Liliane Goldsztaub et Philippe Lutun

Avec : Michel Patris, Bertrand Piret, Valérie Ritzenthaler, Jean-Marie Jadin, Hervé Gisie, Julie Rolling, Dominique Marinelli, Martin Roth, Guillaume Riedlin, Cyrielle Weisgerber, Myriam Riegert,  Marc Lévy…

Invités : Bernard Baas, Philippe Choulet, Jean-Louis Doucet-Carrière, Ferdinand Scherrer, Marcel Ritter…

Seminaire_Vendredi_2020_

 

Lettre ouverte à Madame Martine Wonner, députée de la 4e circonscription du Bas-Rhin

Psychanalyse et politique

Michel Patris

Cela n’a pas pu vous échapper, la Psychanalyse et les psychanalystes ont reçu les honneurs de la grande presse. Le Figaro et l’Express ont publié une pétition pleine de venin demandant entre autres l’interdiction de la psychanalyse à l’Université et dans les institutions soignantes.

Il se trouve que ma route a croisé jadis celle de Madame Martine Wonner, signataire de ce torchon. La même personne est actuellement députée du Bas-Rhin. Aussi je vous fais part de la « lettre ouverte » que j’ai rédigée à son adresse.

La psychanalyse en général et la FEDEPSY en ont vu d’autres. Notre Fédération et l’École Psychanalytique de Strasbourg prennent un « coup de jeune » en remodelant leurs rouages essentiels et en préparant la relève. Les « nouveaux » membres de l’agora et ceux sur le point d’y entrer, ne manquent ni de talent ni d’énergie. Localement, à Strasbourg, dans le Grand Est, et bien au-delà, la voix de la psychanalyse tient sa place dans la culture… sans s’égarer dans les débats partisans et les rivalités politiciennes. Le « un à un » reste fondamental. 

Lettre ouverte à Madame Martine Wonner, Députée de la 4ème circonscription du Bas-Rhin

Madame la Députée,

Permettez-moi de me rappeler à votre bon souvenir. Il y a quelques années, alors que j’étais encore en exercice à la Faculté de Médecine de Strasbourg, nous avons entretenu des rapports cordiaux et constructifs. Je n’ai pas oublié, entre autres, que vous avez soutenu la démarche du CAMUS (Centre d’Accueil Médico-Psychologique Universitaire de Strasbourg) que j’avais mis en place sur notre campus en 1994. Vous ne pouviez ignorer que ce centre avait une vocation psychothérapique et que ses consultants d’alors avaient, comme moi, une formation et une pratique se référant à la psychanalyse. Je me souviens aussi d’échanges sur la rareté des cliniques psychiatriques privées en Alsace et ce que pourrait être une clinique idéale animée par un « esprit psychothérapique ». Dernier rappel : convaincu de vos meilleures intentions vis à vis d’une psychiatrie « œcuménique », j’ai soutenu votre candidature auprès de la Commission Nationale de Qualification en Psychiatrie, dont j’assurais la présidence, et qui vous a accordé cette spécialité en 2006.

Quels n’ont pas été mon incrédulité première puis mon « ravissement » en découvrant que vous étiez signataire du plus médiocre pamphlet anti-psychanalytique que j’ai pu lire au cours de ma carrière. Sur un ton violent et autoritaire cette pétition égraine les préjugés, les insultes, les condamnations haineuses dont les psychanalystes sont la cible depuis plus d’un siècle. Je pense inutile d’entamer avec vous une controverse, d’autres s’y sont déjà attelés. À défaut de polémique, vous aurez droit à un petit cour d’histoire de la psychiatrie.

Aux diffamations pures et simples, il n’y a pas à répondre. Freud s’en est bien gardé. À titre d’exemple, quand le professeur Alfred Hoche (un des nombreux universitaires allemands militant dès le début du siècle dernier pour l’euthanasie des malades mentaux « incurables ») déclara le 28 mai 1910 au Congrès des aliénistes du sud-ouest allemand tenu à Baden-Baden « C’est une vraie épidémie psychique, ils (les psychanalystes) sont tous mûrs pour l’asile », Jung et Freud en plaisantaient.

La suite ne prête pas à sourire. Comme vous le savez, toutes les dictatures ont persécuté les psychanalystes. Contraints à l’exil, déportés, exécutés aussi (John Rittmeister a été fusillé par les nazis le 13 mai 1943). Les psychanalystes exerçaient dans la clandestinité sous le régime soviétique (j’en ai rencontré plusieurs lors d’un congrès à Moscou en 1989, les langues commençaient à se délier).

La dictature militaire qui a sévi en Argentine entre 1976 et 1983 n’a pas démérité (je vous recommande Le psychanalyste sous la terreur, Ed. Matrice, 1988.

Les américains, très « libéraux », sont parvenus à marginaliser les psychanalystes non médecins par le jeu des compagnies d’assurance, dont les grandes firmes pharmaceutiques sont actionnaires.

Tous ces faits passés et présents démontrent que quand les pouvoirs, politiques et financiers mêlés, s’attaquent à la psychanalyse, c’est un mauvais signe pour la démocratie.

Ne vous en déplaise, la psychanalyse est vivante. À Strasbourg la Clinique Psychiatrique Universitaire a su jusqu’à ce jour respecter la pluralité des « grands courants de pensée » de notre discipline. Les doyens de la Faculté de Médecine de Strasbourg ont durant mon exercice non seulement toléré mais pour certains soutenu et encouragé les enseignements se référant à la psychanalyse. La volonté affichée de chasser les analystes de l’Université fait injure à l’Université. Elle me fait honte pour ceux qui profèrent la haine avec une rage qui suffit seule à prouver que la psychanalyse touche au plus juste de notre condition… au risque de devenir insupportable.

Dieu merci, tous les élus ne partagent pas votre anathème !

Votre position d’élue du peuple français, vos liens avec l’Alsace et de ce fait avec notre Université auraient pu vous inspirer un minimum de retenue, quelles que soient vos opinions personnelles sur la psychanalyse. Vous ayant connue plus clémente et nuancée, je m’interroge sur votre ingratitude présente. Loin d’en faire une atteinte personnelle, je ne puis m’empêcher de repenser à ce que me disait un jour Lucien Israël « Si vous rendez service à quelqu’un, il est possible qu’il ne vous le pardonne jamais ».

Recevez, Madame la députée, mes très respectueuses salutations.  

Michel Patris

VIes et VIIes journées de la FEDEPSY – Préparation

Ces journées se dérouleront en deux temps et s’adresseront

– au  printemps 2021 aux praticiens (médecins, psychologues, psychanalystes)

– au printemps 2022 aux gens de culture, aux politiques et aux étudiants des différentes universités de la Région Grand Est.

La Journée du GEP qui a eu lieu le 21 septembre 2019 a fait une large part à la préparation du congrès. Nous publions ici un texte des échanges qui ont eu lieu lors de cette journée

Journée du GEP et introduction aux VIes et VIIes journées de la FEDEPSY

 

Par ailleurs des séminaires de préparation se mettent en place

1. Traumatismes – fantasmes – mythes animé par Jean-Richard Freymann (à partir du 10/01/2020)

Cf. programme : Seminaire_Vendredi_2020

2. Psychanalyse et mythe animé par Martin Roth et Guillaume Riedlin (à partir du 12/11/2019)

Cf. programme : Psychanalyse et mythe PROGRAMME