Présentation à Toulouse du nouvel ouvrage de J.R. Freymann : L’inconscient pour quoi faire ?

La librairie Ombres blanches et les Éditions érès ont le plaisir de vous inviter à une rencontre

avec Jean-Richard FREYMANN

à l’occasion de la parution de son ouvrage
L’inconscient, pour quoi faire ?
(en savoir plus)

Hubert Stoecklin, psychiatre, psychanalyste, sera le discutant de la rencontre.

Le vendredi 7 décembre 2018 à 20h30
à la librairie Ombres Blanches
3 rue Mirepoix – 31000 Toulouse
Tél : 05 34 45 53 33
Pour contacter les éditions érès : eres@editions-eres.com

Hommages à Alain Didier Weill

« 3 Figures du deuil »

PERTE

C’est avec une grande émotion que nous avons appris la disparition d’Alain Didier Weill. Il s’agissait pour moi d’un ami, d’un maître, d’un rhétoricien et d’un homme de théâtre d’une grande originalité pulsionnelle.

Il savait à la fois reconnaître les génies de notre ère, prendre des positions personnelles où « il ne lâchait pas sur son désir » et, avec la musicalité si personnelle de sa voix, il pouvait se situer face aux psychanalystes, aux philosophes, aux politiques, aux créateurs de théâtre.

Il est venu nombre de fois à Strasbourg pour des conférences, des congrès, des journées, des séminaires. Après chaque rencontre, après chaque débat on ne se sentait jamais pareil après qu’avant.

Il me manque déjà terriblement pour le champ judaïque, le champ analytique, le champ théâtral…

J’ai demandé à mes collègues Laurent Le Vaguerèse et Chawki Azouri si je pouvais reproduire à la FEDEPSY leurs contributions qui lui rendent un hommage très vibrant.

Jean-Richard Freymann

 

Nous apprenons le décès de notre collègue et ami Alain Didier Weill.

Ancien analysant de Lacan, après  un parcours avec un psychanalyste de la Société psychanalytique de Paris Jean Kestembergq il quitte la SPP suite à la publication du livre de Bella Grunberger et Jeanine  Chasseguet-Smirgel  l »univers contestationnaire »  dans lequel les auteurs  s’en prenant aux contestataires de mai 68 affirment sans sourciller que seuls les juifs sont de bons analystes faisant de la psychanalyse une science juive et affirmant que les chrétiens en restaient malheureusement pour eux au stade anal !

Poursuivant son parcours analytique  dans le sillage de l’Ecole Freudienne de Paris il avait appartenu à ceux que l’on considérait comme étant la jeune garde lacanienne. Au moment de la dissolution de l’Ecole Freudienne il s’était opposé à Jacques-Alain Miller et fondé avec Jean-Pierre Winter le Coût freudien. C’est  sous son impulsion que s’est créé ensuite le mouvement Insistance qui rassemble des artistes et des psychanalystes. La revue de ce mouvement est publiée par les éditions Eres

Laurent Le Vaguerèse – http://www.oedipe.org/

 

Alain Didier Weill n’est plus.

Né le 16 juillet 1939, il nous a quittés ce matin du 17 novembre 2018, terrassé par une crise cardiaque.

Comme beaucoup d’analystes de sa génération, il était psychiatre, ancien Interne des Hôpitaux psychiatriques de la Seine. Elève de  Jacques Lacan qu’il rencontre en 1968 et qui sera son analyste, il fut invité plusieurs fois à prendre la parole au séminaire de celui-ci (1).  Alain était un passeur de Lacan et je lui dois de m’avoir le mieux introduit à son œuvre.

Après la dissolution de l’École freudienne de Paris, il fait partie des fondateurs du Mouvement du Coût freudien et par la suite de l’Inter Associatif de Psychanalyse qui regroupe plusieurs associations issues de l’École Freudienne de Paris (EFP).

Il publie plusieurs ouvrages sur la psychanalyse, mais écrit également pour le théâtre. Il met ainsi lui-même en scène ses pièces et réalise, en 2001, avec Emil Weiss un film documentaire, Quartier Lacan, dont les textes seront publiés chez Denoël.

Parmi ses livres, on retiendra  Pol (Lattès 1981), L’heure du thé chez les Pendlebury (Actes Sud 1992), Les Trois Temps de la Loi  (Le Seuil 1996), Jimmy (Editions du Crater 2001 ), Le Journal de Satan (Flammarion 2004), Un mystère plus lointain que l’inconscient (Aubier  2010), Freud-Einstein mai 1933,  (Editions des crépuscules, 2010). Certains de ses livres ont été mis en scène par Daniel Mesquich, et T. Atlan pour Come-back Dionysos.

Son humour à « l’anglaise », son œil vif et toujours curieux l’ont amené à s’intéresser au théâtre à un point tel qu’il est difficile pour moi de le définir comme analyste d’abord ou comme un metteur en scène de théâtre. Je me souviens comment en janvier 1991, au Premier Colloque Inter-Associatif, à la Sorbonne, il m’avait contaminé par son amour du théâtre, puis convaincu de mettre en scène nos interventions respectives sous la forme d’un dialogue fictif, dont un tête-à-tête imaginaire entre Ernest Jones et Sandor Ferenczi qui provoqua un rire interminable dans une salle de 1500 analystes venus du monde entier.

Alain va nous manquer beaucoup. Je le vois sourire, assis sur un nuage d’humour réfléchissant à une nouvelle pièce, drôle et pertinente.

Ma douleur que je partage avec ses filles, avec tous ses amis, est immense.

Au revoir mon Ami

Chawki Azouri

(1) On trouvera ici un lien qui permet de lire trois conférences données au séminaire de Lacan.