23/03/2020 : Vous trouverez l’annuaire de la FEDEPSY (qui est en cours d’élaboration) en rubrique « Actualités de la FEDEPSY »

 

ÉDITORIAL…

Ne cédez pas sur le désir de l’autre…

Jean-Richard Freymann

7 avril 2020

En cette période de confinement, la position du psychanalyste est difficile. En plus de la menace du COVID 19 qui pèse, l’épidémie renvoie chacun au risque de mort effective, pas seulement aux fantasmes et croyances concernant la place de la mort réelle.

Pour tous ceux qui ont été touchés, ceux qui ont perdu l’un de leurs proches et à ceux qui ont été épargnés, je leur dis, suivez les instructions données… et gardez vos distances.

Ce qui m’a frappé pourtant dans le paysage médiatique, c’est qu’on donne beaucoup la parole aux médecins, aux religieux, aux psychologues, mais très peu aux psychanalystes.

Quant à moi je n’ai pas accepté certains interviews qui me semblaient prématurés sur les « effets psychiques du COVID 19 » en regard de ma pratique. Les problèmes étant fort différents si l’on se situe dans des cures analytiques déjà entamées avec du transfert en place et des patients qui ont pris contact premièrement. Il m’a fallu me résoudre à passer du « divan » et du « face à face », au pur téléphone et/ou aux images par Skype ou WhatsApp.

Grande a été ma surprise de constater que la situation analytique n’a pas pour autant été détruite. Les « choses de la vie » se poursuivent au sens de la Règle fondamentale… et que Ça parle. J’ai été étonné qu’une majorité de patients préfèrent le pur téléphone plutôt que l’ « image skypée ». J’ai un semblant de réponse à ce choix – que j’étudierai une autre fois – qui correspond à la spécificité de cette image restituée par l’ordinateur ou le téléphone. L’ « image skypée » n’est pas une image spéculaire ni a spéculaire (à suivre)…

Je n’insisterai jamais assez pour dire à nos collègues qui se reconnaissent dans l’analyse de ne pas laisser tomber leurs patients, leurs analysants, leurs malades… et de se mettre à disposition de l’autre dans cette ère de tournant.

Que devient l’inconscient freudien quant le Moi et la conscience sont mis à rude épreuve ?

À suivre, ne confondons pas les temps…

Soyez éthiques, faites offre à ceux qui vous parlent de venir « durcharbeiten » (de perlaborer), quels que soient leurs moyens.

Une offre est souvent vitale quand le réel se déchaîne !

 

 

ÉDITORIAL…

rédigé par Jean-Richard Freymann

le 19 mars 2020

Le nouvel annuaire de la FEDEPSY  se prépare, voici l’édito

 

Il est grand temps…

Savez-vous que ANNUAIRE est dérivé d’une forme latine tardive, contamination du latin annarius par annuus. Le mot a été créé comme nom pendant la Révolution. La première publication annuelle portant ce nom a concerné la Météorologie (1792) où il s’agissait d’un recueil de nature administrative et économique.

Mars 2020, nous ajoutons une nouvelle signification à l’annuaire 2020-21 de la FEDEPSY, celui de la révolution sociale par le Coronavirus ! Il s’agit certainement de l’annuaire d’une fin d’un monde.

Dès que surgit l’élément « ANA » nous touchons à trois sémantismes fort utiles pour le psychanalyste : « de bas en haut », « en arrière ou en sens inverse » et « de nouveau ». Et voilà que va surgir un composé usuel comme « analyse ». Ne passez pas à côté de « anachorète » « anagogique », « anaglyphe »,  « anastomose », sans oublier « anagramme » et « l’analytique ». Qu’est-ce « Un remède qui rétablit les forces »[1] ?

Ce remède d’annuaire des analystes ne sera pas en trop cette année pour redonner le goût de vivre, alors que chacun risque de perdre sa vie.

Alors, en notre monde si prévisionnel, voilà que le hasard, la Tuké nous tombe dessus.

On s’en souviendra de cet annuaire !

 

Cette FEDEPSY tient la distance… plus de 20 ans ont déjà été traversés et voici que toutes les générations de psychanalystes y sont encore présentes.

J’avais été fasciné dans mes jeunes années par une phrase de Georges Brassens : « Quand je cherche les amis, je regarde le gazon ». À présent cette phrase me semble éculée : l’amitié mélange les générations, à condition de ne pas les confondre et de faire un peu avec son « hainamoration ».

Nos amis de toutes les générations sont présents dans ces pages qui récapitulent ce que chacun a semé, au-delà des « pampres qui n’ont pas fleuris » (cf. Moustapha Safouan dans Études sur l’oedipe, de Lucien Israël à Serge Leclaire, de Jean-Claude Schaetzel à Nicolle Kress-Rosen… Chacun reconnaîtra ses dettes, ses amours, son passé.

En cette période de « confinement obligatoire » on mesure peut-être ce qu’a été la liberté… Quand en plus on prend conscience des fondations auxquelles on a contribué, on pleure un peu sur ses ratages et tout ce que l’on aurait pu éviter, les amis qu’on a perdus. Mais il est un message qui nous enserre : le « désir de durer » nous mène par le bout du nez et les anneaux que l’on a mis aux doigts laissent quelques cicatrices et cénotaphes que l’on ne peut plus effacer.

Bravo à toutes ces jeunes générations qui ont pris le relais dans la FEDEPSY et à tous ceux qui poursuivent de manière a-temporelle l’a-temporalité de l’inconscient freudien.

[1]Le Robert, Dictionnaire historique de la Langue Française, p. 126.

Pour tout renseignement concernant le fonctionnement de la FEDEPSY utiliser le lien du site ou l’adresse mail fedepsy@wanadoo.fr ou tél. 03 88 35 24 86

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