ÉDITORIAL

Jean-Richard Freymann

27 février 2017

Qu’advient-il de la FEDEPSY en cette ère si troublée ? Nous avons l’impression que le champ psychanalytique est attaqué de toute part.

En ce qui concerne la place de la psychanalyse, chaque psychanalyste ressemble un peu à S. Freud face aux sociétés médicales de son époque et à Lacan, surveillé dans sa pratique par l’IPA.

Il n’est pas nécessaire de faire appel aux théories du complot ! La psychanalyse ne sera jamais adaptée au discours de l’époque. Aujourd’hui, les effets de contraste sont grands et ce d’autant plus que tous les patients qui viennent à demander une psychanalyse ont déjà subi, ou ont été soumis à quelques techniques parallèles, brèves et souvent hypnotiques. Et il n’y a que les psychanalystes qui pensent que toutes ces techniques ne sont pas anodines sur le plan de l’inconscient.

À la FEDEPSY nous n’arrêtons pas de penser que l’inconscient freudien est perméable au discours ambiant, même si cela ne permet pas de penser une « toute » nouvelle clinique psychanalytique.

Qu’est-ce qui change aujourd’hui ? C’est avant tout la question des formations des analystes. Par exemple, avant même les préliminaires à l’analyse, il nous faut penser une période de « déshypnotisation », à savoir rendre le discours analytique possible, en créant un lieu-Autre qui ne se confond pas avec le discours commun.

Faut-il se plaindre que la FEDEPSY ait sa base sociale à Strasbourg, une capitale de la psychanalyse ? Ce lieu où la diversité des institutions est (souvent) acceptée avec une clinique psychiatrique qui poursuit ses fonctions de formation. Un bilinguisme, voire un trilinguisme qui ne cessent de faire retour à Freud ! Quel grand nom de la psychanalyse n’a pas passé par Strasbourg : Serge Leclaire, Moustapha Safouan, Lucien Israël, Daniel Lagache, Julienne Favez-Boutonier… ?

L’affaire se poursuit avec de nouvelles générations d’analystes et d’analysants qui prennent le relais autour de l’inconscient. Mehr Licht… plus de lumière… comme disait Goethe et à sa suite J. Lacan, même si nous sommes dans une société où aujourd’hui « rien de luit ».

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