ÉDITORIAL
Quel FRACAS !

Jean-Richard Freymann
20-12-2018

Au cours de l’assemblée générale de la FEDEPSY qui a eu lieu le 29 novembre 2018, il a été décidé de prendre comme thème pour les prochaines journées de la FEDEPSY
« Traumatismes et Mythes »
auquel pourrait être ajouté les fonctions du Fantasme (proposition de Michel Patris). Ceci dans la suite des 5es journées de la FEDEPSY sur
« Pulsions, jouissances et collectif. Pour une clinique de la déshumanisation »

La préparation de ce congrès tombe… à pic de l’horreur du traumatisme et de l’irruption du réel : 5 morts, 11 blessés sans compter à partir de Strasbourg les « trou-matismes » pour les personnes qui ont vécu l’élimination du terroriste. Chaque Strasbourgeois a connu un disparu ou un blessé. Les forces publiques ont montré leur efficience et les cellules d’urgence leur caractère indispensable et vital. Les psychanalystes devraient s’y impliquer encore d’avantage. Comment écoute-t-on quelqu’un qui vient de subir le fracas dans sa réalité coutumière ? Comment aider celui ou celle qui a assisté à une scène de meurtre ? Comment se positionner par rapport à l’arbitraire du réel, jouxtant pour certains avec les syndromes du rescapé ?

Nous sommes renvoyés à la question de la psychanalyse en temps de guerre. Entre une mission pleine d’effroi et l’évitement de justesse d’un destin tragique se glisse le « Schreck », la sidération, là où l’on n’a pas pu anticiper, même si les craintes étaient là.

Alors, la place collective des fracas post-traumatiques (ou du stress post-traumatique) ouvre à un certain rapport à la panique… qui nous renvoie à la mort brutale, à la Tuké sans aucune nuance. L’arbitraire est au rendez-vous. Ne nous privons pas de rendre hommage à ceux qui osent nous représenter, alors que la « représentativité » est aujourd’hui problématique, et ceux qui prennent à bras le corps « le malaise dans la civilisation » et « l’avenir d’une illusion » ou d’une désillusion pour oser se confronter à la division des pouvoirs (qui est la base de la démocratie).

Que se passe-t-il pour que les mécanismes de la démocratie soient soumis à rude épreuve ? Que peuvent faire les psychanalystes face à ces désordres de liens entre citoyens et dans les rapports avec l’État ? Que faire face aux terrorismes, aux extrémismes ou aux folies ? Comment la cure analytique peut-elle s’inscrire aujourd’hui par rapport au collectif et aux discours contemporains ?

En tout cas la fonction des associations d’analystes est de former des psychanalystes qui non seulement s’interrogent sur le sujet et son désir inconscient, mais aussi qui osent affronter les transformations de la société politique, juridique, sexuelle, économique.

Autrement dit, créer chez l’autre une position « citoyenne », oser une clinique du compromis ce n’est pas sombrer dans la compromission ou dans la dénonciation de l’autre.

Comment faire pour penser au-delà de l’Autre ?
Comment penser aujourd’hui la transmission transgénérationnelle ?
Pensons à nos morts…

EDITO Décembre 2018

EDITO Septembre 2018

PREAMBULE Ch. Herfray Août 2018

EDITO Mars 2018

EDITO Février 2017

EDITO Août 2016

EDITO Juin 2016

EDITO Janvier 2016

EDITO Janvier 2015

EDITO Mars 2014